PSAOP 1: Bilan et acquis

L’objectif du PSAOP1 était de réformer le cadre institutionnel et l’environnement des services agricoles, tout en appuyant l’habilitation des organisations de producteurs. Le résultat général de la première phase a été jugé satisfaisant par le Rapport de fin d’exécution (ICR, Rapport n° 35062). Le PSAOP1 a contribué de manière efficace à l’habilitation des organisations de producteurs, à mettre en place des services agricoles décentralisés et régis par la demande dans une partie des zones rurales du Sénégal, ainsi qu’au renforcement de leur réactivité et de leur responsabilité envers les producteurs.

Outre les résultats obtenus sur le terrain, les réformes et approches promues par le PSAOP1 ont fortement influencé les fonctionnaires et les décideurs dans les départements ministériels. La promulgation d’un nouveau cadre réglementaire pour l’agriculture (Loi d’orientation agro-sylvo-pastorale – LOASP), en juin 2004, a apporté une reconnaissance légale –et confirmé l’intérêt et la pertinence‑ aux réformes institutionnelles appuyées par le PSAOP. La LOASP offre une viabilité institutionnelle aux réformes entreprises au cours de la première phase et définit le cadre de leur viabilité financière.
Le Rapport de Fin d’Exécution (RFE) du PSAOP1 a jugé l’impact du développement institutionnel du projet significatif et a mis en exergue les principales réalisations suivantes :

  • Redéfinition du rôle des services publics sectoriels : le Ministère de l’Agriculture et celui de l’Elevage se sont retirés des activités de commercialisation et de production. Ils se sont à nouveau focalisés sur leurs fonctions publiques essentielles de formulation des politiques, de suivi-évaluation, avec la création de directions spécifiques pour l’analyse de la politique, les prévisions et les statistiques. Les services ont été déconcentrés pour les deux ministères, avec la création de Directions Régionales pour le Développement Rural (DRDR) et d’Inspections Régionales Vétérinaires (IRSV).  Les DRDR mettent l’accent sur le suivi des activités, la collecte de données statistiques, le contrôle et la réglementation, l’élaboration de politiques agricoles régionales et départementales. Les IRSV sont chargées de la conception, du contrôle et du suivi des actions relatives au contrôle des épizooties, de la supervision des pratiques vétérinaires privées et de la sécurité alimentaire animale ; 70% du personnel des ministères ont été affectés dans les bureaux décentralisés. L’élaboration de la LOASP a montré que les services publics agricoles sont désormais plus motivés et plus actifs au niveau de la collaboration et de la concertation avec les organisations de producteurs. Grâce au soutien du PSAOP, le Sénégal a réussi à éradiquer la peste bovine, une maladie virale fatale pour le bétail.
  • De la vulgarisation ascendante au conseil agricole et rural décentralisé : Le PSAOP1 a permis de créer une Agence Nationale de Conseil Agricole et Rurale (ANCAR), co-gérée avec les OP et les entreprises agroalimentaires privées. Par le biais de l’ANCAR, le PSAOP a remplacé le modèle directif de diffusion de paquets techniques par un appui régi par la demande aux besoins des producteurs. L’ANCAR intervient dans 144 communautés rurales, où 105 conseillers agricoles et ruraux assistent les OP dans la formulation et la mise en oeuvre des activités de développement agricole, dans le cadre de modalités contractuelles. Dans le PSAOP1, plus de 3 000 contrats ont été exécutés pour une valeur totale de 365 millions de FCFA, y compris une participation des producteurs s’élevant à 131 millions de FCFA (36%). Les activités de vulgarisation ont profité à plus de 1460 OP, soit 24 000 producteurs comme bénéficiaires directs et près de 54 000 personnes comme bénéficiaires indirects. Ces programmes de conseil agricole abordent un grand nombre de problèmes et d’activités allant des techniques agricoles et d’élevage, à l’organisation et à la gestion des OP. En outre, l’ANCAR joue un rôle d’intermédiaire important entre les producteurs et les autres fournisseurs de services, sur les questions qui ne sont pas du domaine de compétences principales de l’ANCAR.
  • Les services régis par la demande favoriseront l’émergence de services privés : De nombreux ateliers regroupant plusieurs parties prenantes dont les producteurs ont été organisés en vue de préparer des activités pour ensuite évaluer et tirer les enseignements. Certaines initiatives prises par les fédérations d’organisations de producteurs, tels qu’un projet pilote pour la production d’arachides de haute qualité, ont promu l’idée de prestations de services privés. Il est encore prématuré pour mesurer l’impact économique de ces évolutions, surtout au niveau de la productivité, mais les évaluations effectuées par rapport aux bénéficiaires des services agricoles montrent que les services agricoles et les programmes de conseil soutenus par le PSAOP1, répondent parfaitement à la demande et aux besoins des producteurs.
  • Mécanismes transparents et compétitifs de financement de la recherche : le projet a pris en charge la création du Fonds National de Recherche Agricole et Agro-Alimentaire (FNRAA), un mécanisme de financement compétitif pour les programmes de recherche agricole et agroalimentaire. En séparant le financement de la recherche de son exécution, le FNRAA a amélioré la transparence de l’allocation de ses ressources aux projets de recherche. Les fonds du FNRAA couvrent un grand nombre de domaines de compétences allant au-delà des instituts de recherche traditionnels et dominants. Le FNRAA a contribué à la création de partenariats entre les instituts de recherche, les institutions et les opérateurs privés, tels que les entreprises agroalimentaires. Les producteurs prennent part au processus de prise de décision et sont impliqués dans la mise en oeuvre des programmes de recherche sur le terrain. Le PSAOP a également contribué au renforcement des capacités scientifiques et de gestion et à la compétitivité de deux grands instituts de recherche, à savoir l’ISRA et l’ITA.
  • Participation effective des producteurs à la formulation des politiques : grâce au PSAOP1, les OP ont pris part aux processus de prise de décision en tant que véritable force contributive. Par exemple, la contribution de la fédération nationale des OP (CNCR) à la formulation de la Loi d’Orientation Agro-Sylvo-Pastorale (LOASP) a été significative. Les producteurs président également le comité de gestion du FNRAA et contribuent ainsi à garantir la pertinence des programmes de recherche par rapport à leurs besoins.
  • Habilitation des producteurs au niveau communautaire : un réseau de cadres locaux de concertation (les CLCOP) a été mis en place avec succès dans 152 des 320 communautés rurales du Sénégal en vue d’organiser la demande des producteurs et de leurs organisations. Grâce au PSAOP, les organisations de producteurs apportent désormais une contribution totale à l’élaboration, la mise en oeuvre et l’évaluation des programmes de recherche et de vulgarisation. Les OP mettent sur pied et organisent leur propre fonds de renforcement des capacités, en l’occurrence le Fonds de Services Ruraux Régis par la Demande (FSRRD qui affecte les ressources aux microprojets préparés par les OP et sélectionnés dans le cadre des CLCOP. Les CLCOP couvrent 63 % des OP répertoriés dans les zones rurales couvertes par le projet et représentent près de 50 000 producteurs. Avant la fin du PSAOP1, le FSRRD avait financé plus de 1100 projets (contre un objectif initial de 852) pour un montant total équivalent de 700 000 dollars. Les projets ont profité à presque 62 000 producteurs, couvrant des thèmes tels que la production agricole, les opérations post-récolte, l’organisation et la gestion d’OP. Au-delà de la gestion du FSRRD, les CLCOP ont joué un rôle important dans l’organisation de la concertation à la base et dans la diffusion d’informations aux producteurs. Aujourd’hui, beaucoup de partenaires au développement reconnaissent les CLCOP comme points d’entrée pour toute activité ayant trait aux producteurs et à leurs organisations sur le terrain.

L’avant-projet de l’ICR conclut que la première phase a été un succès dans la promotion des changements et que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour soutenir ces réalisations afin de maintenir l’élan des changements institutionnels, de la réorganisation des services agricoles et de l’habilitation des producteurs. Les instituts de recherche et services consultatifs agricoles seront en mesure d’augmenter davantage leur réactivité et leur responsabilité vis-à-vis des producteurs si ces derniers sont dotés de moyens de gérer les ressources qui financent leurs services. S’agissant des services publics, les deux ministères sectoriels doivent consolider leurs nouvelles missions en prenant une part active, au niveau central, dans les activités de coordination générale, de suivi et d’évaluation du secteur de l’agriculture. Au niveau régional, les directions régionales devront traduire leurs nouvelles missions dans leurs activités quotidiennes avec les agents de terrain. Par ailleurs, au-delà des réformes institutionnelles, les impacts économiques doivent désormais constituer un objectif central de l’ensemble des activités pour atteindre des résultats concrets en termes de productivité agricole et de revenus



 
   
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